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Hommage à nos
ancêtres

Jean Garceau
fils de
Pierre
Garceau dit Tranchemontagne
est arrivé à Port-Royal, en Acadie, vers 1698. Il était soldat de garnison dans
la Compagnie de Chacornacle et s'est marié à
Marie
Levron,
le 20 novembre 1703. De cette union
sont nés quatre fils, Pierre-Jean, Daniel,
Grégoire
et Joseph.
Jean est décédé vers 1710 à l'âge d'environ trente ans.

Ses descendants
ont été déportés au Connecticut et/ou ailleurs avec leur famille respective lors
du Grand dérangement des Acadiens.
Daniel Garceau
est le seul fils de Jean Garceau et Marie Levron dont nous trouvons la trace
avec ses enfants au retour de la grande dispersion.
la traversée de
Jean Garceau et
son établissement à Port Royal où il s'est marié avec Marie Levron, la
déportation de ses descendants ainsi que le retour de
Daniel Garceau avec
son épouse Anne Doucet
et leurs descendants qui se sont installés dans la région de Yamachiche et
Pointe-du-Lac.
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Monument en honneur du retour d'exil
de Daniel Garceau et Anne Doucet dévoilé à Yamachiche le 8 juillet 1995
Après avoir été chassés de nos terres
de l'Acadie en 1755 et séquestrés en pays étranger dans des conditions
pénibles, nous sommes maintenant libres et choisissons cette terre comme
nouvelle patrie. Nos descendants y feront souche et se souviendront de leurs
origines. |
J'ai
tenté de me mettre à la place de mes ancêtres et de deviner ce qu'ils ont dû
ressentir à leur retour d'un exil d'environ douze ans : ils avaient perdu des
êtres chers et tout leurs biens, ils ont été longuement incertains de leur
destin, ils ont servi presque comme des esclaves, ils ont prié, pleuré,
espéré, se sont découragés, ils ont maudit l'ennemi ainsi que ceux qui les
avaient abandonnés... et finalement, ils ont eu une seconde chance de
retrouver la paix... enfin!
On nous a chassés de l'Acadie
Lorsque
Jean
Garceau
quitta Saint-René au Poitou pour faire la traversée vers la fin du
dix-septième siècle, c'était pour se joindre à la Cie de Chacornacle comme
soldat. Fils de Pierre Garsseault et Jaquette Soulard, il fut surnommé
Tranchemontagne par ses compagnons d'armes. Il était coutume chez les soldats
d'affubler chacun de surnoms inspirés de leur physique, caractère, provenance ou
métier.
Jean
Garceau
était soldat de la garnison de Port-Royal lorsqu'il
se maria le 20 novembre 1703 à Marie Levron. Elle était la fille de François
Levron et Catherine Lavoye, arrivés de France à bord du navire l'Oranger en
1671. Elle donna naissance l'année suivante à un premier garçon que les parents
baptisèrent Pierre-Jean.
Entre-temps, Jean Garceau dit Tranche-montagne
s'était sûrement distingué par ses faits
d'armes car, lorsque naquit en 1707 son second enfant, le gouverneur de l'Acadie
lui-même fût le parrain. Ce deuxième garçon reçut le 8 avril, à son
baptême, le même prénom que Daniel
Auger de Subercase, héroïque défenseur de l'Acadie
française et malheureusement dernier gouverneur.
Jean
eut encore deux autres fils, Grégoire
en 1709 et Joseph
en 1710, avant de décéder à trente ans
environ en 1710, probablement lors des combats dont l'issue fût la défaite qui
laissa Port-Royal aux mains des Anglais. Marie
Levron se remaria
l'année suivante avec Alexandre Richard à qui elle donna six enfants,
dont l'ancêtre du hockeyeur Maurice Richard.
La famille grandit unie dans une Acadie
dont la paix toute relative était troublée par le désir des Anglais d'écraser et
soumettre cette population fière qui refusait de prêter serment d'allégeance à
la couronne britannique et renoncer à pratiquer sa religion.
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Pierre-Jean
épouse Agnès Doucet,
fille de Laurent et Jeanne Babin, à Port-Royal le 19 janvier 1728. Jusqu'à 1745, sept enfants naquirent de cette
union.
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Daniel
épouse en 1730
Anne Doucet qui lui donnera dix
enfants. |
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Joseph
épousera Marie
Lambert en 1732
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Grégoire aura
un fils en 1745. |
Au
milieu du dix-huitième siècle, l'envahisseur conclut que le seul moyen de
devenir maître dans ce pays était d'en disperser la population afin de la
remplacer par des colons anglais. Commença alors une époque tragique où un
peuple fût dépossédé de ses terres par des troupes dont le fanatisme n'avait
d'égal que la cruauté. La population fût entassée sur des bateaux, presque
jetée à la mer. Des familles furent séparées et envoyées vers des
destinations diverses sans toujours savoir exactement où leurs proches étaient
réellement allés. Après avoir voyagé dans des conditions sanitaires
inacceptables sur des bateaux surpeuplés, manqué de vivres, les Acadiens furent
parqués dans des localités circonscrites des États-Unis sans possibilité de
s'établir à demeure au pays.
Daniel
Garceau,
son épouse et ses huit plus jeunes enfants se sont retrouvés au Connecticut
avant de réussir à se réfugier dans l'État de New York où était son fils Joseph
et ses quatre enfants. Comme toutes les familles déportées, ils ont connu
la misère mais n'en sont demeurés que plus unis. Sans savoir ce que leur
réservait l'avenir, certains se sont mariés, civilement en pays hérétique, avec
des compatriotes vivant la même infortune.
Marie, Apolline, Marguerite, filles de
Daniel, ont ainsi épousé des monsieur Lord qui faisaient partie du même
contingent.
Les malheureux
déportés commencèrent à revenir s'installer au Québec vers 1767 à cause de
l'avantage de pouvoir y parler leur langue et pratiquer leur religion. Les
couples mariés civilement s'empressaient de faire réhabiliter leur mariage par
un prêtre catholique. Les mariages de Marie
et Apolline
le furent à Bécancour en septembre 1767.
Tous les
enfants qu'on s'était contenté d'ondoyer à la naissance étaient aussi baptisés
sous condition. Le vingt-sept août 1767, Joseph en avait fait baptiser cinq à
Yamachiche. Tellement d'Acadiens se sont installés sur deux rangs entre
Yamachiche et Pointe du Lac qu'on les nomma petite et grande Cadie. L'un
d'eux est devenu le rang de l'Acadie et l'autre le rang des Garceau.
Daniel était
âgé de soixante ans lorsqu'il est revenu de ce long et pénible exil qui a duré
plus d'une douzaine d'années. Il s'est paisiblement éteint cinq ans plus tard
et a été enterré à Yamachiche dans le cimetière de la première église bâtie sur
le Canton. L'église ayant été incendiée en 1780 à cause d'un orage électrique,
ce site dont il ne reste rien était sur le passage de l'actuelle autoroute 40.
Il n'a été trouvé jusqu'à ce jour aucune
trace du sort des trois frères de Daniel, Pierre-Jean, Grégoire et Joseph, ni de
leurs descendants. Ont-ils péri dans un périple insensé? Sont-ils
demeurés aux États-Unis ou retournés en Europe? Ont-ils changé de nom pour
s'intégrer à la population des conquérants? Pour l'instant, le mystère
reste entier.
Hommage à nos
ancêtres
"Après
avoir été chassés de nos terres de l'Acadie en 1755 et séquestrés en pays
étranger dans des conditions pénibles, nous sommes maintenant libres et
choisissons cette terre comme nouvelle patrie.
Nos descendants y feront souche
et se souviendront de leurs origines."
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